Biographie

Documents Bibliographie Liens Contact
III. La Revue blanche et le Chariot de terre cuite

 

Couverture du livre

Esquisse du programme

 

Monogramme

A partir de mars 1894, Barrucand commence sa collaboration à la Revue Blanche avec une chronique de Lettres italiennes qui paraîtra environ tous les six mois jusqu’en novembre 1897. Pendant six ans, Victor Barrucand sera un des collaborateurs les plus prolifiques de la revue, jusqu’à son départ en Algérie au printemps 1900.

En 1895, il adapte pour le Théâtre de l'Œuvre Le Chariot de terre cuite, un drame hindou antique dont l’intrigue mêle lyrisme et burlesque, philosophie et rebondissements romanesques : Vasantasena, belle courtisane, est poursuivie des assiduités du cruel prince Samsthanaka et se réfugie chez Tcharoudatta, un brahmane ruiné ; elle s’y dépouille de ses parures et en remplit le petit chariot d’un enfant. Assoiffé de vengeance, le prince tend une embuscade à la belle et la laisse à moitié étranglée dans les jardins du roi. Il accuse le brahmane chez lequel les bijoux ont été retrouvés. Dans la rue, c’est la chasse à l’homme : Aryaka, un prêcheur de Bouddha s’est évadé, « c’est un éléphant furieux qui s’est échappé » et que les policiers poursuivent... Le drame finit sur la place des supplices : Tcharoudatta manque d’être exécuté quand survient Vasantasena, chancelante et accusant le Prince. Le pieux brahmane pardonne et proclame le nouveau règne d’Aryaka, le berger.

Le Chariot de terre cuite est un triomphe. Par son message libertaire, il s’inscrit dans le droit fil des productions de l’œuvre. Les plus grandes figures artistiques de l’époque concourent à l’éclat des représentations. Fénéon, nimbé de gloire après le procès des Trente, vient réciter le prologue de la pièce, drapé d’un long sari blanc. La mise en scène est provoquante, avec des figurants à moitié nus, badigeonnés d’ocre de la tête aux pieds, chichement enrubannés. On admire aussi le programme, la couverture du livre et le décor du cinquième acte réalisés par Toulouse-Lautrec. Fénéon, critique d’art pointilleux, remarquait que Lautrec réutilisait depuis cette date le motif de l’éléphant pour estampiller ses lithographies. Poursuivant l’analogie, il ajoutait entre parenthèses : « Ce monogramme, à condition de n’en pas remplir d’encre les contours, n’eût pas mal timbré aussi les livres de Barrucand, en vertu de l’étymologie barrus candidus.  »

De février à juin 1895, Barrucand et Fénéon cosignent Passim, une revue de presse d’un genre spécial, chronique sarcastique des événements politiques et sociaux de la quinzaine. Les notes les plus fréquentes portent sur la politique coloniale française : s’appuyant sur les faits d’actualité, ils condamnent la violation des droits de l’homme et de la souveraineté des peuples, et s’en prennent au racisme à peine voilé des discours.

Préambule

Le poète musicien

L'engagement anarchiste

La Revue blanche et le Chariot de terre cuite

La première Révolution et le Pain gratuit

Fédéralisme et dreyfusisme

1900 tournant d’une vie

1902 l’Akhbar

L’éditeur d’Isabelle Eberhardt

Les combats d’un indigènophile

Orientalisme et réformes d’après-guerre

Epilogue