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Isabelle Eberhardt

Isabelle Eberhardt par Rochegrosse
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Victor Barrucand sort de lombre Isabelle
Eberhardt, dont il publie quelques nouvelles avant de lengager comme
reporter à Ténès, puis dans le Sud Oranais. Il avait pris sa défense en
juin 1901, quand elle avait été victime dune agression par un fanatique
et quelle sétait vue expulser du territoire algérien. Il lui
avait ouvert les colonnes des Nouvelles et avait appuyé la nomination
de son époux Slimène Ehnni dans la commune mixte de Ténès. Barrucand se
rend dans la petite ville en avril 1903, mais en pleine bataille électorale
les largesses de ladministrateur à son égard lui valent, à lui et
à Isabelle, une campagne de calomnies particulièrement féroce.
En octobre 1903, Barrucand envoie Isabelle
Eberhardt comme reporter dans le Sud Oranais, région encore insoumise
que le général Lyautey semploie à « pacifier ». Sur la
recommandation de Barrucand, Lyautey lui réserve le meilleur accueil.
Les deux hommes sont très liés : un sentiment de communion profonde
se dégage de leur abondante correspondance, conservée aux Archives dOutre-mer.
Mais Isabelle Eberhardt meurt noyée dans une crue de loued à Aïn-Sefra
le 21 octobre 1904. Barrucand consacrera le reste de sa vie à mieux faire
connaître sa vie et son uvre malgré « la défaveur qui semble
sy attacher. » Avec Lyautey et Lucie Delarue-Mardrus il fonde
en 1930 le Souvenir dIsabelle Eberhardt, un comité situé
4 rue Portefoin dans le troisième arrondissement de Paris. Il tirera quatre
volumes des manuscrits que Lyautey a tirés de la boue des décombres, en
rédigeant ce qui était resté à létat de notes.
De son uvre en Algérie, on a trop parlé
de cette « collaboration » avec Isabelle Eberhardt et cela a
éclipsé tout le reste. Si le procédé reste condamnable, ses détracteurs
les plus hargneux dans cette affaire étaient ces antisémites quil
était venu combattre en Algérie en 1900. Drumont, Mallebay firent leurs
choux gras de cet excès dorgueil de Barrucand, qui sétait
un peu trop vanté de la qualité quil pensait apporter aux manuscrits
dEberhardt. Pourtant, sans Barrucand, cette uvre éparse aurait
disparu.
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